Y aura-t-il des spectacles cet automne ?
Les dernières mesures d’austérité annoncées par la ministre de la
Culture frappent de plein fouet toute la chaîne du spectacle vivant, de la création à la production jusqu’à la diffusion.
C’est un plan de licenciement inédit dont les conséquences sur l’emploi des artistes et techniciens vont être désastreuses.
Déjà fragilisé par des coupes budgétaires incessantes, le gel annoncé à l’ouverture du festival d’Avignon de plus de 10% pour 28 établissements culturels (12 centres dramatiques nationaux, 3 scènes nationales, 2 théâtres parisiens, 7 opéras et 4 orchestres nationaux ) met en péril l’ouverture de la saison prochaine.
Dans un communiqué, les 28 directrices et directeurs alertent: toute nouvelle diminution des crédits aurait des conséquences immédiates et irréversibles. Plusieurs établissements seraient placés en procédure d’alerte. Certains seraient contraints d’annuler une partie de leur saison avant même son ouverture. (…) Nous refusons que les établissements culturels deviennent la variable d’ajustement des finances publiques. La culture ne peut être célébrée dans les discours et sacrifiée dans les arbitrages budgétaires”.
Les conséquences d’un tel gel dépassent largement les seuls
établissements concernés. Elles annoncent un effet domino sur
l’ensemble du secteur : fermetures temporaires de lieux, recours à
l’activité partielle, licenciements, annulations de créations, reports de productions, effondrement de la diffusion, perte massive d’heures pour les intermittentes et intermittents du spectacle, sortie du régime d’assurance chômage pour nombre d’entre eux et disparition de compagnies qui ne pourront plus maintenir leur activité et pour nous, critiques, réductions encore de nos espaces, voire fermetures de titres. Plusieurs directions de lieux évoquent déjà le risque d’une mise à l’arrêt d’une partie du service public de la culture dès cet automne.
Les chiffres publiés cette semaine par LAPAS confirment cette
inquiétude. Les compagnies anticipent une baisse de 37 % de leur
diffusion pour la saison 2026-2027. Plus alarmant encore, 21 % desdirectrices et directeurs de compagnie envisagent désormais de mettre un terme à leur activité dans les trois prochaines années, faute de perspectives économiques.
A Avignon, à l’initiative de l’intersyndicale Cgt-spectacle, Syndeac
et Synavi, une première manifestation à réuni plus d’un millier de
professionnels du secteur. La mobilisation ne fait que commencer.
Critiques, nous côtoyons les œuvres dont nous rendons compte sur nos supports respectifs. Nous constatons les difficultés que rencontrent les équipes artistiques pour créer leurs spectacles, les efforts permanentspour accueillir décemment les publics. Ce qui se joue là, c’est la survie du service public de la culture, dont le budget s’élève à peine à 0,7% du budget de l’Etat. Quel sera ce pays où les théâtres, les MJC, les médiathèques, les bibliothèques resteront porte close ? Depuis plusieurs semaines, les mobilisations se multiplient partout en France. Le mouvement Livrer bataille, né à l’initiative d’équipes artistiques, appelle à un moratoire immédiat sur les coupes budgétaireset à un refinancement durable du secteur. Partout, une même revendication s’impose : porter enfin le budget de la Culture à 1 % du budget de l’État, afin de garantir la pérennité du service public culturel.
Le Syndicat professionnel de la critique théâtre, danse et musique est solidaire des artistes et techniciens et appelle tous ses adhérents à signer la pétition pour un moratoire immédiat sur les réductions budgétaires touchant le spectacle vivant et un plan national de refinancement du service public de la culture.
Avignon, le 12 juillet 2026
COMMUNIQUÉ DU SYNDICAT DE LA CRITIQUE
Y aura-t-il des spectacles cet automne ?Les dernières mesures d’austérité annoncées par la ministre de laCulture frappent de plein fouet toute la chaîne du spectacle vivant, de la création à la production jusqu’à la diffusion.C’est un plan de licenciement inédit dont les conséquences sur l’emploi des artistes et techniciens vont être désastreuses.Déjà fragilisé par des…
