© Eric Reignier
ƒƒƒ article de Nicolas Brizault
Xavier Marchand a eu l’idée, l’envie de travailler sur ce texte de Roger Caillois, et, pour mieux représenter tous ses personnages, surtout le Christ, sa belle gueule et ses 33 ans, a eu l’envie d’utiliser, pour la première fois, des marionnettes portées. Comme il le dit, « c’est une alchimie à trouver, un équilibre aussi. » Plus que cela : de la magie, de la pureté, et c’est mille fois réussi.
Ponce Pilate, l’histoire qui bifurque, raconte les nuits blanches de ce procurateur romain face à cette permission terrible qu’on lui demande, celle d’assassiner légalement un homme, peut-être un peu étrange, certes, mais pas bien méchant et qui surtout gêne ici ou là et qu’il faut donc « effacer » pour que tous puissent dormir tranquilles et rassurés. Toute cette histoire, ces quelques jours tendus, avec la foule en colère pas très loin, nous est donc racontée avec des marionnettes portées, un masque et un demi costume, simplement un tissu quelconque mais jouant de ses plis avec majesté, cachant à demi celui ou celle qui porte et fait vivre, parler Ponce Pilate, Procula, Hanne et Caïphe, Mardouk, quelques soldats et sans oublier ce jeune trentenaire aux cheveux longs, si perturbant et doux, que Ponce Pilate a l’idée géniale pour ses propres intérêts de faire passer pour un Messie bien curieux, un roi de foire tout juste bon à recevoir coups de fouets, crachats et quolibets.
On se laisse plus que prendre par cette véritable œuvre d’art de Xavier Marchand. Les marionnettes partagent le terrain avec leurs « porteurs », et avec celles et ceux, tout à faits contemporains, qui viennent raconter l’histoire, préciser les tensions et les errances, les peurs, les doutes de Ponce Pilate, les rêves de sa femme, les cris de la rue. La simplicité est pure jusqu’aux décors, blocs simples qui deviennent palais, jardins ou prisons. Les épisodes sont ponctués par un rideau de la même couleur qui marque de mini pauses, permettent aux marionnettes de se repoudrer le nez pour revenir vers nous encore plus fortes et encore plus vraies, même si elles ne sont quasi rien, juste ces masques réalisés par Paolo Duarte, de l’art contemporain, vraiment, qui pousserait au vol pour continuer les discussions avec Mardouk, le soir, dans son palais aux lucioles. Du talent partout. On ressort de là amusés, avec l’envie de lire ou relire Roger Caillois, et surtout séduits par cette poésie historique, par cette beauté calme portée par autant de talents réunis sur un même plateau.
Ponce Pilate, l’histoire qui bifurque, de Xavier Marchand
D’après le récit de Roger Caillois
Adaptation et mise en scène Xavier Marchand
Avec Sylvain Blanchard, Noël Casale, Mirjam Ellenbroek, Gustavo Frigerio, Guillaume Michelet,
Marionnettes Paulo Duarte
Scénographie Julie Maret
Composition musique Yom, extraits de l’album Le Silence de l’Exode (Buda musique, 2014)
Vidéo Jérémie Terris
Costumes Manon Gesbert, assistée de Célia Bardoux
Lumière Julia Grand
Assistante à la mise en scène Olivia Burton
Régie générale Julien Frenois
Décor Atelier de la MC93Du 8 au 18 novembre 2017 à 20h00
Sauf le 11 et le 18 novembre à 18h00, le 12 novembre à 16h00
Relâche le lundiDurée 1h45
MC93 – Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis
9 boulevard Lénine
93000 BobignyT+ 01 41 60 72 72
reservation@mc93.com
www.mc93.comMétro Ligne 5
Station Bobigny – Pablo Picasso, puis 5 minutes à piedTramway T1
Station Hôtel-de-Ville de Bobigny – Maison de la CultureBus 146, 148, 303, 615, 620
Station Bobigny – Pablo PicassoBus 134, 234, 251, 322, 301
Station Hôtel-de-ville
comment closed