L’infiltré est un spectacle-conférence parfois assez amusant dans lequel Océan, qui a conçu et écrit ce spectacle va nous parler de dimorphisme sexuel, ces différences entre mâles et femelles d’une même espèce, gonochoriques chez les animaux et dioïques chez les végétaux, le tout en dehors des organes sexuels bien entendu, ce qui rendrait le tout un peu trop facile, voire commun.

Nous sommes presque face à une vraie conférence, avec micro, écran géant sur lequel vont passer informations en tout genre, images voire courts extraits de films célèbres. Avec tout ça, Océan, mêlant le fort sérieux, le doute et les éclats de rire va parler de la complexité de la sexuation, chez les humains et les animaux, nous apprenant d’ailleurs une foule de choses, et ensuite de la masculinité, des cheminements parfois curieux de la sexuation, qui peut nous sembler pourtant d’une simplicité rare. Il suffit de mieux regarder, observer et rien n’est si évident. Des femelles gigantesques manient leurs mâles minuscules pour pouvoir construire les générations prochaines… Dans L’infiltré, Océan cherche à nous ouvrir les yeux tout grand, pour que la sexuation ne soit pas si simple que ça à nos yeux. Pour que nous posions plus de questions et que nous percevions donc mieux toutes les ambivalences de la masculinité. Il cherche à nous faire rire, bien entendu et il y parvient surtout dans la première partie de sa « conférence ». Il veut faire réfléchir, nous pousser à ce qu’on se demande comment nous percevions notre genre, le tout dans un spectacle quasi pédagogique « (…) non pas uniquement sur la transidentité mais bien plus largement sur la construction du genre et de la binarité sexuelle ».   

L’infiltré nous surprend et nous attrape au début, la sympathie d’Océan est immense et tout fonctionne avec ces sujets abordés, la complexité de la sexuation, la masculinité, la transmission de ces sujets tout sauf simples. Puis cette conférence se prend un peu les pieds dans d’apparentes répétitions de présentations, Océan semble savoir que tel ou tel chemin fonctionne et fait rire, donc il le suit, le reprend. Un rythme ultra rapide mais à la fois sans rebondissement ni pause nuit férocement à au thème et au texte plus que corrects. Cela pourrait lasser, mais apparemment non, sauf ici ou là dans la salle, conquise à 90%. Il semble en fait que cette partie du public l’était même avant le lever de rideau. Les autres, c’est moins sûr, les applaudissements n’ayant très visiblement pas la même force partout.

L’infiltré laisse dubitatif. On apprend sur ce sujet parfois complexe et merci beaucoup, vraiment, on réfléchit, on rit ou sourit sans aucun doute et tant mieux, bravo. On en prend plein les yeux, plein les oreilles. Mais un coup de sécateur serait le bienvenu parfois, pour éviter l’ennui, la sensation de noyade ou de future surdité annoncée, voire les deux. Une pénible impression qu’Océan utilise ce qu’il devine plaire à son public. Il fait bien, oui et non.  

L’infiltré, conception et écriture : Océan

Mise en scène : Océan et Flore Vialet

Dramaturgie : Leïla Adham

Chorégraphie : Marlène Rostaing

Scénographie : Marco Ivoli

Costume : Colombe Lauriot Prévost

Création lumière : Léa Maris

Création sonore : Elisa Monteil

Création vidéo : Jean Doroszczuk

Compositeur : Thibault Frisoni

Dessinatrice : Anaïs Caura

Direction de production : Olivier Talpaert, Nathalie Untersinger

Répétitrice : Debi Debbie

Régie générale : Marie-Lou Poulain

© Photos de Pauline Le Goff

Avec : Océan

Du 9 au 20 mars 2026

Durée du spectacle : 1h50

Lundi-vendredi à 19h30, samedi à 16h30

Dès 15 ans

Les Plateaux Sauvages

5 rue des Plâtrières

75020 Paris

Réservation : 01 83 75 55 70

info@lesplateauxsauvages.fr

www.lesplateauxsauvages.fr

Tournée :

Du 23 mars au 1er avril 2026 : Théâtre national de Strasbourg

9 et 10 avril 2026 : La Halle aux Grains, Blois

Du 22 au 24 avril 2026 : Théâtre de la Croix-Rousse, Lyon

Du 27 au 30 avril 2026 : MixT (anciennement Grand T), Nantes

Du 5 au 7 mai 2026 : Théâtre Liberté, Toulon