Renouant avec la chorégraphie de groupe, Ambre Senatore nous plonge instantanément dans le rythme vivifiant d’un écosystème social où chaque geste est une tentative d’existence. In Comune dessine une véritable partition chorale où chaque danseur tient sa place tout en étant pris dans le grand tout de l’humanité. Au fil de la pièce, les corps se cherchent, se séparent, se croisent, se rassemblent. Ambra Senatore interroge ainsi nos interactions, les élans de générosité et les mouvements de divergence tout en explorant ce qui nous lie dans l’instant.
Devant une telle pièce, les spectateurs sont tantôt invités à se focaliser sur l’un des interprètes, tantôt prendre du recul et observer l’ensemble du groupe. Car c’est parfois dans les détails et à d’autres moments dans le tout que le sens de In Comune prend forme. Dans cette mosaïque des mouvements, dans la valse des costumes colorés, chaque geste en appelle un autre, souvent dans l’immédiateté, mais aussi parfois à plus long terme. C’est qu’Ambre Sanatore a cette faculté de déceler chez les individus leurs particularités, leurs habitudes, leurs tics, ce qui fait de chacun un être singulier et pourtant si connecté aux autres. Voire même connectés aux êtres vivants des autres espèces, animales, végétales. Comme en écho, la naïveté d’un comportement individuel peut amener de la malice chez les autres qui l’entourent. Ce qui fait la ritournelle de la vie, les itérations du quotidien, l’absurdité de la répétition inconsciente des gestes, comment une rencontre peut impacter une journée, voire une vie… C’est tout cela que la chorégraphe parvient à retranscrire de façon impressionnante.
Toutes ces interconnexions tressent la futilité, la gravité, l’humour des comportements humains. Dans ces tableaux d’ensemble, les danseurs déploient alors un éventail d’expressions corporelles aussi fluides que précises, pour illustrer les nuances, les accidents du quotidien, qui font que la vie est la vie. Toutes ces choses aussi absurdes qu’émouvantes qui illuminent les visages des spectateurs d’un sourire attendrissant et même font résonner la salle de véritables rires. Sous couvert de légèreté, In Comune recèle une profondeur qui interroge sur le vivre ensemble, jusqu’à devenir une véritable expérience collective où le public est intégré à la réflexion.

In Comune, chorégraphie d’ Ambra Senatore
avec la complicité des interprètes
Musique originale et création son : Jonathan Kingsley Seilman
avec les musiques adaptées de L. V. Beethoven, W. A. Mozart, F. Schubert
Lumières : Fausto Bonvini
Assistant (dans le cadre du dispositif Compagnonnage) : Cédric Marchais
Costumes : Fanny Brouste
Avec : Youness Aboulakoul, Pauline Bigot, Pieradolfo Ciulli, Matthieu Coulon Faudemer / Louis Chevalier, Lee Davern, Olimpia Fortuni, Chandra Grangean/ Madeline Tual, Romual Kabore, Alice Lada, Antoine Roux-Briffaud, Marie Rual, Ambra Senatore
Photo : © Bastien Capela
Du 12 au 14 mars 2026 à 20h
Durée : 1h
Théâtre de la Ville – Sarah Bernhardt
2, Place du Châtelet
75004 Paris
Réservations : 01 42 74 22 77

