Diskoteekki nous offre un univers étrange, une sorte de cirque musical, mené par une troupe à la fois joyeuse et lente, malheureusement. Minh-Tâm Nguyen directeur des percussions de Strasbourg a demandé justement demandé pour ce spectacle à Nicole Genovese, artiste issue de Finlande, d’utiliser les percussions pour mettre au mieux en place un univers populaire, d’inspiration disco si l’on peut dire. Tout se passe dans un espace étrange, est-ce un hangar, un sous-sol ? En tout cas une petite équipe qui devait s’ennuyer a décidé de jouer au loto pour tenter d’arranger tout ça, sous le sombre regard d’une femme déclamant les chiffres et désignant les vainqueurs, alors emportés par l’indicible bonheur de remporter du papier toilette, des outils de jardinage ou bien d’autres choses encore pour lesquelles ils frémissent autant de joie.
L’équipe de Diskoteekki,qui signifie « discothèque » en finnois, est donc une petite dizaine de personnages divers et variés, des hommes et des femmes de tous les âges, de tous les styles, qui ont décidé, allez savoir pourquoi, de faire régulièrement une fête rebondissante : ils s’amusent avec le loto, ils chantent, dansent, déguisés un peu n’importe comment, sans doute avec ce qu’ils ont trouvé on ne sait où et tentent de faire jaillir, à force de s’amuser, ou de faire comme si, une joie, une libération positive. Ils et elles font ça dans un local sinistre, au fin fond de la Finlande, un peu comme ceux dans lesquels la grand-mère de Nicole Genovese l’emmenait pour jouer, rire et danser. Diskoteekki est pour elle une source de souvenirs, de libération qu’elle a voulu partager.

Les déguisements vont et viennent, les personnages s’affirment, se mêlent et s’emmêlent sur une chorégraphie signée Jeanne Alechinsky. On pourrait s’attendre à un spectacle aux rebondissements joyeux, oui, c’est un peu ça, la danse explose, les déguisements farfelus et brillants recouvrent tous les personnages, les musiciens, ou les musiciens-personnages. Un résultat qui aurait pu déborder de positivité mais qui malheureusement, à force de répétition, lasse. Un texte trop vague, pas assez net ? On veut nous montrer la ruse du loto lassant, c’est parfait. La musique est excellente, oui, mais les chants ne glissent-ils pas parfois, comme s’ils avaient raté une marche ? D’où peut venir cette impression face à une équipe talentueuse ? Mystère ? Non, une mise en scène réaliste et si plate qu’elle n’illustre pas assez bien la platitude morne dans laquelle ces minorités, tâchant de se remuer un rien, sont enfermées et essaient de se rejoindre pour réussir à croire qu’ils participent finalement à une vie moins lassante. Diskoteekki fait sourire parfois. C’est déjà ça. Pas grand-chose de plus.
Diskoteekki,de Nicole Genovese
Mise en scène de Claude Vanessa
Direction musicale : Minh-Tâm Nguyen avec l’ensemble des percussions de Strasbourg
Direction vocale : Mari Laurila-Lili
Chorégraphie : Jeanne Alechinsky
Avec les interprètes des percussions de Strasbourg : Sefdin Abdallah, Matthieu Benigno, Alexandre Esperet, Théo His-Mahier, Enrico Pedicone, Lou Renaud-Bailly
Et les interprètes de Claude Vanessa : Sébastien Chassagne, Marion Gomar, Robert Hatisi, Maëva Husband, Salla Lintonen, Mari Laurila-Lili, Adrienne Winling
Régie générale et création lumière : Pierre Daubigny
Ingénieurs du son : Olivier Pfeiffer, Piel Benoît
Costumes : Anne-Céline Phanphengdy
Scénographie : Nicole Genovese, Pierre Daubigny
Régie d’orchestre et plateau : Raffaele Rene
Répétiteur chant : Francisco Mañalich
Direction de production pour Claude Vanessa : Le B.E.C. / Claire Nollez, Romain Courault
Adminstration de production pour les Percussion de Strasbourg : Maud Repiquet, Héloïse Cao
© Photos studio Baghetti Maxime
Durée du spectacle : 1h30
3 mars 2026 : Le Tangram
1 bis, boulevard de Normandie
27000 Évreux
Du 18 au 22 novembre 2026
Théâtre du Rond-Point
2bis avenue Franklin D. Roosevelt
75008 Paris
T. 01 44 95 98 00
www.theatredurondpoint.fr
20 mars 2027 : Opéra de Reims
24 mars 2027 : La Comète Scène nationale de Châlons-en-Champagne

