Qui n’a pas envie de retourner quelque fois en enfance sans honte et avec un plaisir manifeste ? Fanfare [expérience] électrique c’est du cirque sans tralala ni chichi, un peu foutraque mais d’une générosité sans pareille, une expérience qui décoiffe, embarquant les minots – et les parents ne sont pas en reste – une heure trente durant, lesquels sans barguigner font montre d’un enthousiasme sans triche, font des ho ! et des ha !, tapent des mains sans vergogne, des étoiles et des paillettes plein les mirettes. La fanfare tonitruante donne le la de cette création, un rythme d’enfer qui jamais ne faiblit, parfois quand même fait de la place au limonaire mélancolique, et sur la piste c’est une farandole, un précipité de talents se succédant, à la parade, présentée par une maîtresse de cérémonie, Petit Bouquet en madame Loyale pour mettre un peu d’ordre dans tout ça et de temps à autre passer le balais jusque dans les gradins. Jongleur en duo ou en solo, à pied ou en monocycle, diaboliste infernal, trapéziste, contorsionniste, équilibriste, c’est du classique mais revisité sans façon, avec force poésie et bonhomie. De l’énergie aussi, tout plein, à revendre. On ne s’étonne guère de voir un ours fil-de-fériste se métamorphoser en princesse de conte de fée, des violoncelles être en équilibre, une ballerine faire des pointes sur des goulots de bouteilles, des diabolos voler jusqu’aux cintres, des balles prendre leur envol toujours plus haut et se multiplier jusqu’au vertige, des voltigeurs en apesanteur prendre pour trapèze le lustre tout là-haut, ou s’enrouler entre terre et ciel et sans façon dans des pans de tissus, une contorsionniste se plier et se déplier tel un origami…  Sur la piste de bois du Cirque Electrique, point de sciure ici, entre cirque et music-hall c’est de la joie toute bête, toute simple, qui déborde de partout. Bataille de confettis et distribution de pop-corn, les parents ici ne sont pas en reste pour chiper à leur mômes ces quelques grains de maïs soufflé. Le grand ordonnateur de ce sympathique capharnaüm, capharnaüm en apparence seulement, en vigie sur la scène qui surplombe l’entrée de la piste, c’est Tapman (Hervé Vallée), homme-orchestre à la guitare, au violoncelle, au chant, et même aux gamelles de cuisine, partout à la fois, dirigeant cette fanfare électrique et, accessoirement, directeur de ce lieu singulier.  Et c’est ébouriffé, un peu sourd aussi, que l’on regagne la sortie, aussi bien par ce spectacle qui vous replonge en enfance, enfin pour qui a gardé son âme de môme, mais à voir les parents hurler au diapason de leur marmots rien ne semble perdu semble-t-il, que par ces gamins à l’enthousiasme contagieux et démonstratif.

Fanfare [expérience] électrique, mise en scène de Hervé Vallée

Avec : Camille Chauvé, Etienne Chauzy, Sanja Kosonen, Christian Padilla, Abby Richert, Nina Van der Pyl, Hervé Vallée, JB Very

Photo : @ Hervé Photograff

Jusqu’au 29 mars tous les samedis et dimanche à 15h

Du mercredi au dimanche pendant les vacances scolaires

A partir de 3 ans

Le Cirque Electrique

Place du Vercors

75020 Paris

Réservation : www.cirque-electrique.com